BEL-AMI

2° partie, chapitre 10

De "Duroy l'ecoutait ivre d'orgueil ..." à "... se métamorphosait en un monde."



Introduction

    Cet extrait évoque le mariage de Georges Du Roy De Cantel avec Suzanne Walter (fille du directeur de la vie française). Cette cérémonie est menée en grande pompe à la Madeleine. Ce passage met en valeur la promotion finale qui clôt le parcourt du héros.
    Nous analyserons l'art de Maupassant à présenter une cérémonie grandiose puis nous verrons comment s'exprime le bonheur de la reussite.


I) Cérémonie grandiose

a) Les lieux, les personnages
    Le cadre est prestigieux car le mariage se déroule dans l'église de la Madeleine (quartier de l'opéra VIII° arrondissement). C'est un des édifices magnifique ayant un surprenant aspect de temple avec au bout l'une des perspectives de la Concorde. L'église peut donc contenir "une foule" et de vastes orgues. L'impression de faste est aussi rendu par les personnages.
    La périphrase qui désigne l'évêque "un prélat de l'Eglise Romaine", insiste sur sa dignité comme si le Vatican en personne assistait au mariage. Le prêtre est magnifié par un détail du costume: "une étole dorée". La foule est illustre, tout le beau monde ( banquier, journaliste...) est rassemblée pour "lui" (l.3). La foule est éblouit. Les personnages confèrent au mariage une tonalité quasi royale.

b) Une scène d'apothéose
    Si on analyse la structure du texte, on distingue un phénomène d'élargissement, la narration présente d'abord le héros, l'Evêque et enfin les orques dans une amplification progressive, pour la rendre l'écrivain utilise la comparaison qui assimile la musique des orgues au mouvement des vagues et à l'élévation (l13-15). Tout un réseau lexicale est mis en place pour l'exprimer "monter" (l.11), "soulever" (l.14), "faire sauter le toit et se répandre dans le ciel" (l.15).
    La comparaison finale avec l'antithèse de deux thèmes symboliques rend bien ce mouvement ascensionnel "comme si un grain de sable se métamorphosait en un monde" (l.21).

  On peut donc découvrir maintenant que tout ce faste (cette splendeur) traduit l'extraordinaire promotion du héros.


II) Le bonheur de la réussite

a) Les sentiments d'orgueil et de domination.
    - L'orgueil peut s'analyser à travers les pronoms personnels de la 3° personne du singulier dans le premier paragraphe (l.14), le pronom de rappel "lui" est placé en relief à la fin des phrases 2 et 3 "à lui", pour lui" ou bien il est répéter dans la même phrase (l.1-2 et l.4). Il culmine dans la dernière phrase du paragraphe "il devenait...lui, lui, le fils...", cette insistance traduit la joie d'avoir gagné, d'être arrivée.
    - L'orgueil se renforce avec l'esprit de domination, très fier que l'Evêque prononce un discours solennel "la harangue" en sa faveur , Du Roy stimulé par l'importance de son public exprime sa soif de pouvoir: "il devenait un des maîtres de la terre". L'image du grain de sable est le symbole de l'ascension fulgurante. Le rappel de son origine modeste ne vient que renforcer la promotion sociale. Du Roy a pu sortir ses parents de la misère, c'est une réussite mémorable; de 5000 frs à 50000 frs, l'argent ne peut qu'apporter le bonheur: "ils seraient contents, heureux.

b) Le bonheur des sens
    D'abord le héros émus se trouve comme dans un rêve, l'imparfait dans le 1° paragraphe suspend l'action: "il écoutait; il lui parlait; il sentait; lui semblait; le poussait; le soulevait", il savoure sa réussite. Ensuite la musique s'impose comme une résonance de son enthousiasme, de sa griserie, la musique s'empare de ses sens et de son âme: "leur bruit vibrant emplissait toute l'église, faisait frissonner la chair et les âmes." (l.15-16). La musique devient humaine, mélodieuse et caressante: " elles se calmaient; et des notes fines, alertes, couraient dans l'air, effleuraient l'oreille comme des souffles légers; c'étaient de petits chants gracieux, menus, sautillants, qui voletaient ainsi que des oiseaux;". Plusieurs adjectifs appartiennent à la grâce féminine. Le vocabulaire de la sensibilité et de la sensualité rappelle son goût de vivre intensément selon ses désirs.


Conclusion
    Ainsi le mariage est bien traité comme une scène d'apparat qui installe le héros en pleine gloire. C'est la revanche du fils du peuple vécu avec orgueil et sensibilité.
Mais la revanche sociale de Bel-Ami s'est faite à coup d'adaptation successive et d'opportunisme, c'est donc la réussite de la ruse et de la médiocrité consacré dans une cérémonie collective.



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Merci à Christophe de Cormeilles-en-parisis pour cette fiche...