

Dans A propos d'Horace, HUGO crie sa haine des maîtres ignorants, "mauvais et méchants", pédants et bornés, dont il eut à souffrir en pension dans sa jeunesse. Il a formulé divers griefs, et enchaîne : outre les punitions, dit-il, et autres brimades,
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J'étais alors en proie à la mathématique. Temps sombre ! enfant ému du frisson poétique, Pauvre oiseau qui heurtais du crâne mes barreaux, On me livrait tout vif aux chiffres, noirs bourreaux ; On me faisait de force ingurgiter l'algèbre ; On me liait au fond d'un Boisbertrand (1) funèbre ; On me tordait, depuis les ailes jusqu'au bec, Sur l'affreux chevalet des X et des Y ; Hélas, on me fourrait sous les os maxillaires Le théorème orné de tous ses corollaires ; Et je me débattais, lugubre patient (2) Du diviseur prêtant main-forte au quotient. De là mes cris. Un jour, quand l'homme sera sage, Lorsqu'on n'instruira plus les oiseaux par la cage, Quand les sociétés difformes sentiront Dans l'enfant mieux compris se redresser leur front, Que, des libres essors ayant sondé les règles, On connaîtra la loi de croissance des aigles, Et que le plein midi rayonnera pour tous, Savoir étant sublime, apprendre sera doux. Alors, tout en laissant au sommet des études Les grands livres latins et grecs, ces solitudes Où l'éclair gronde, où luit la mer, où l'astre rit, Et qu'emplissent les vents immenses de l'esprit, C'est en les pénétrant d'explication tendre, En les faisant aimer, qu'on les fera comprendre. Homère emportera dans son vaste reflux L'écolier ébloui ; l'enfant ne sera plus Une bête de somme attelée à Virgile ; Et l'on ne verra plus ce vif esprit agile Devenir, sous le fouet d'un cuistre ou d'un abbé, Le lourd cheval poussif du pensum (3) embourbé. Chaque village aura, dans un temple rustique, Dans la lumière, au lieu du magister antique, Trop noir pour que jamais le jour y pénétrât, L'instituteur lucide et grave, magistrat Du progrès, médecin de l'ignorance, et prêtre De l'idée ; et dans l'ombre on verra disparaître L'éternel écolier et l'éternel pédant. L'aube vient en chantant, et non pas en grondant. Nos fils riront de nous dans cette blanche sphère ; Ils se demanderont ce que nous pouvions faire Enseigner au moineau par le hibou hagard. Alors, le jeune esprit et le jeune regard Se lèveront avec une clarté sereine Vers la science auguste, aimable et souveraine. |
1 - Quels aspects de l'éducation V. Hugo condamne-t-il des vers 161 à 180 ?
Comment le poète donne-t-il force à sa démonstration ? (3 points)
2 - Dégagez la thèse défendue par V. Hugo du vers 173 à la fin. (2 points)
3 - Etudiez la valeur des temps du vers 200 au vers 203. (2 points)
4 - Quel rôle joue la métaphore filée de la lumière dans l'argumentation à partir du vers 193 jusqu'à la fin du poème ? (3 points)
II - TRAVAIL D'ECRITURE (10 points) :
Faites, à votre choix, l'éloge ou le procès d'un enseignement sans contraintes.
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